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Par Caroline Nadeau
Dans le cadre de la journée internationale des bénévoles, Workopolis a commandé une étude sur le bénévolat au Canada. Celle-ci démontre qu’au pays, c’est le Québec qui arrive à la fin du peloton. Qu’est-ce qui explique un tel écart? Comment se fait-il que des travailleurs d’un peu partout au Canada arrivent à trouver du temps pour se consacrer au sein de leur communauté et qu’on en soit incapable ici? Les travailleurs québécois affirment à 44 % que leurs obligations au travail les empêchent de donner du temps à des organismes sans but lucratif. Il se trouve qu’il y en a tout de même 56 % qui sont capables de le faire. Ce n’est donc pas la volonté qui manque. Comment les employeurs peuvent-ils encourager davantage l’action bénévole au sein de leur main-d’œuvre? Quel en est le bénéfice?
« Il faut savoir que contrairement au reste du pays, le gouvernement du Québec finance, via nos impôts, une grande partie des organismes sans but lucratif, précise Pierre Riley, directeur général de la Fédération des centres d’action bénévole du Québec. Ainsi, on retrouve davantage de salariés dans ces OSBL que n’importe où au Canada. Ailleurs au pays, les organismes comptent sur l’appui de fondations privées pour se financer. Il n’en demeure pas moins que les organismes d’ici ont un grand besoin en bénévoles pour combler le manque à gagner compte tenu de la diminution des contributions gouvernementales d’années en années. », dit monsieur Riley.
Les retombées du bénévolat en entreprise
Des recherches entreprises par la Vanderbilt University et la firme Hewitt Associates en 2000 indiquent que les 100 entreprises qui ont un plan de bénévolat et qui sont cotées comme les « meilleures entreprises pour qui travailler » ont reçu 1,9 fois plus de demandes d’emploi par poste vacant que la moyenne, offrant un choix de candidats plus vaste pour chaque poste. Le Center for Corporate Citizenship, de Boston, rapporte que les entreprises qui ont en place des programmes détaillés de participation communautaire réussissent à recruter les employés les plus compétents.
Or, comme l’action bénévole est organisée différemment au Québec, la visibilité serait donc moins importante. Et pour qu’une entreprise envisage d’impliquer ses employés dans le bénévolat, la visibilité de celle-ci est un des éléments clés à considérer. « Les retombées à l’action bénévole pour une entreprise sont nombreux et documentés, ajoute Pierre Riley. Un des premiers bénéfices porte notamment sur l’image corporative de l’entreprise au sein de sa communauté. Je pense aux boutiques Body Shop qui avaient mis en place dans la grille horaire de ses employés quelques heures pour l’action bénévole. Une entreprise dont la réputation est mise en valeur en raison de son rendement social réussit davantage à attirer et à fidéliser les investisseurs, les clients et les employés. On l’a vue pour le Body Shop. Les employés dont les employeurs appuient leur engagement bénévole dans la collectivité sont plus loyaux envers leur employeur et restent en poste plus longtemps, ce qui atténue le besoin de recruter et de former de nouveaux employés pour les remplacer.» dit monsieur Riley.
Le bénévolat appuyé par l’employeur au Canada
La majorité des bénévoles au Canada fait partie de la main-d’œuvre active. Selon l’Enquête nationale sur le don, le bénévolat et la participation (réalisée par Statistique Canada en 2004), en 2000, près de la moitié de tous les bénévoles occupant un emploi (1,7 million) ont reçu au moins une forme de soutien de la part de leur employeur. Malgré le déclin de près d’un million de bénévoles sur une période de trois ans, entre 1997 et 2000, l’intérêt des grandes sociétés canadiennes pour le bénévolat s’accroît.
Au cours de cette même période, le nombre de bénévoles occupant un emploi qui indiquent avoir reçu l'autorisation de leur employeur de modifier leurs heures de travail afin d’offrir leurs services bénévolement est passé de 22 % à 27 %. De plus, 22 % disent avoir été reconnus par leurs employeurs à cause de leur travail bénévole, alors qu'il n'y en avait que 14 % en 1997. Parmi les formes les plus courantes d’appui favorisant le bénévolat appuyé par l’employeur, mentionnons :
- 1. l’accès aux installations et locaux de l’entreprise (57 %),
- 2. les congés (57 %)
- 3. la modification de l’horaire de travail afin d’accommoder les bénévoles (54 %)
Les employés qui participent à des programmes de bénévolat appuyé par l’entreprise jouissent d’un meilleur moral, d’une motivation et d’une satisfaction professionnelle supérieures, et ils ont tendance à avoir une attitude plus positive à l’égard de leur employeur. Le bénévolat enrichit les compétences personnelles qui améliorent en général les aptitudes à faire des choix de vie ainsi que les habiletés en matière de résolution de problèmes. Le bénévolat serait même bénéfique pour la santé de ceux qui y participent; il améliorerait le fonctionnement du système immunitaire, réduirait les niveaux de stress, aiderait à la rétention de l’acuité mentale tout en rehaussant le sentiment de confiance en soi et d’estime de soi.
Comment faire de la place au bénévolat dans l’entreprise
La volonté de contribuer à l’essor de sa communauté est noble en soi, toutefois, plusieurs points doivent être pris en compte avant d’entreprendre une action bénévole.
- Définir ses attentes
- Se préparer, y a-t-il des employés disposés à participer à une telle activité?
- Quelle clientèle veut-on aider?
- Communiquer avec les organisations locales afin de mieux comprendre leurs besoins
- Promouvoir l’action bénévole en y accordant du temps.
« On retrouve beaucoup de PME qui s’impliquent dans leur communauté au Québec, déclare monsieur Riley. Le jumelage entre organisation et entreprise devrait être souligné davantage. Bélair Direct soutient Tel-Aide à Montréal, mais peu de gens le savent. Il y a du travail à faire pour que le bénévolat soit encore plus présent dans les entreprises d’ici, et pour qu’il soit reconnu tout autant. » dit-il.
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