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Histoires de bénévolat

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Les bénévoles des Jeux olympiques de Beijing : une inspiration pour le COVAN 2010Par Isabelle Laporte

Avec l’accablante chaleur qui régnera en août, les bénévoles des Jeux olympiques de Beijing ne l’auront pas facile. Mais les 100 000 intéressés, dont certains restent à confirmer, jubilent déjà à l’idée de participer à un événement qui marquera l’Histoire.

Leur expérience pourrait inspirer les Canadiens qui songent à soumettre leur candidature comme bénévole aux Jeux de Vancouver en 2010. Même si l’échelle de grandeur ne sera pas la même – environ 80 pays participent aux Jeux d’hiver contre plus de 200 dans le cas des Jeux d’été –, les bénévoles tels que Hou Liling y joueront un rôle tout aussi essentiel.

Mme Hou a fait l’expérience du bénévolat l’été dernier, lors des compétitions « Good Luck Beijing 2007 ». La jeune femme de 19 ans a été affectée au tournoi international de hockey sur gazon. Au moment de postuler, elle ignorait même l’existence de ce sport. Après sa formation, elle était incollable.

En Chine, les organisateurs olympiques ont attaché une grande importance aux compétences linguistiques des bénévoles, de sorte que les services pourront être offerts en 55 langues. Au Canada, les candidats auront davantage de chances d’être sélectionnés s’ils parlent une deuxième langue. Multiculturalisme canadien oblige, on s’attend à atteindre une grande diversité à ce chapitre.

Commandités par divers organismes, 20 étudiants de quatre universités à Beijing sont même allés à Cuba pour suivre une formation intensive sur la langue et la culture espagnoles. Ils sont revenus en Chine au début de mars, après avoir étudié quatre mois à l’Université de La Havane.

Bien sûr, les bénévoles à Beijing ne sont pas tous d’âge universitaire. Plus de 300 diplomates chinois, retraités du ministère des Affaires étrangères, ont exprimé leur désir de participer au mouvement bénévole olympique.

Possédant une riche expérience culturelle et linguistique, ces diplomates apporteront leur soutien à la haute direction du service des communications.

À Vancouver, les bénévoles devraient aussi appartenir à toutes les catégories d’âge. À Calgary, en 1988, c’est-à-dire lors des derniers Jeux d’hiver tenus au Canada, étudiants, retraités et personnes âgées avaient intégré l’équipe des bénévoles. Or, ces derniers n’étaient que 9 500, soit un nombre correspondant environ à celui des bénévoles en langue des signes qu’on forme actuellement à Beijing.

Il faut dire que le comité organisateur chinois s’est donné d’ambitieux objectifs en termes de participation nationale. Il vise notamment à « inspirer 1,3 milliard de Chinois du pays et de l’étranger à appuyer les Jeux olympiques ».

Par comparaison, avec sa mission spécifique – « exalter l’âme de la nation et inspirer le monde entier » –, le COVAN s’attend à recruter quelque 25 000 bénévoles. C’est davantage que lors des deux derniers Jeux olympiques d’hiver, Salt Lake City (22 000) et Turin (18 000).

Fait intéressant, Beijing a annoncé en mars la création d’une première équipe comprenant des bénévoles handicapés. Dix massothérapeutes atteints de cécité ont été choisis parmi plus de 500 candidats, selon le Centre de formation en massothérapie pour aveugles de Beijing. Ces bénévoles œuvreront pendant les Jeux en août.

Au Canada, les bénévoles atteints d’un handicap sont également les bienvenus. Les critères sont les mêmes pour tous les candidats :

  1. Être âgé d’au moins 19 ans le 1er septembre 2008
  2. Être disponible pour suivre une formation avant les Jeux et s’engager à faire un minimum d’heures de bénévolat pendant les Jeux
  3. Se charger soi-même de son hébergement
  4. Avoir une adresse de courriel pour communiquer avec les organisateurs
  5. Passer avec succès une enquête de sécurité de la GRC

À Beijing, lorsque la période d’inscription a pris fin le 31 mars 2008, les organisateurs ont annoncé avec fierté qu’un record olympique avait été battu : 1,13 million de personnes se sont proposées comme volontaires. De ce nombre, 97,87 pour cent ont moins de 35 ans. (La moitié de la population en Chine a 32 ans ou moins.)

Les candidats proviennent majoritairement de Beijing, mais aussi d’autres régions de la Chine continentale et des Régions administratives spéciales. Près de 28 000 Chinois d’outre-mer et 22 000 étrangers ont également manifesté leur intérêt.

À part les volontaires olympiques et paralympiques, on recrutera aussi près de 400 000 bénévoles urbains. Répartis en plusieurs centaines d’endroits, ils offriront aux visiteurs renseignements, services de traduction et aide en cas d’urgence. Ils veilleront aussi à donner le bon exemple aux résidants en matière de courtoisie. Déjà, l’administration municipale de Beijing tient chaque mois une journée où chacun est invité à respecter les files d’attente et à offrir son siège. Depuis l’an dernier, les personnes qui crachent dans la rue peuvent recevoir une légère amende. La propreté de la ville s’améliore aussi à mesure que les citadins deviennent sensibles à leur image et soucieux de faire bonne impression aux visiteurs de l’étranger.

Mais les bénévoles iront encore plus loin. Leurs lignes directrices incluent même des consignes sur la manière de s’asseoir, de se tenir debout et de marcher. Par exemple, on demande aux bénévoles de « ne pas bouger le haut du torse, de lever la tête de sorte à garder le menton parallèle au sol (et de) regarder devant avec un grand sourire » lorsqu’ils marchent. Ils sont également renseignés sur les divers usages et coutumes internationaux, afin de réduire leur risque de faux-pas. On leur apprend donc que « certains Occidentaux âgés pourraient être offusqués si vous tentez de les aider sans qu’ils vous l’aient demandé. »

Les bénévoles joueront un rôle si important durant les Jeux, qu’on parle déjà d’ériger un monument en leur honneur au centre de Beijing. Une idée qui pourrait être reprise à Vancouver?